samedi 7 décembre 2013

"Archiscopie" de décembre 2013

Le numéro de décembre d'Archiscopie vient de paraître. Au sommaire, entre autres, un article de Gabriel Ehret sur une expérience d'habitat participatif à Villeurbane et un article de Marie-Jeanne Dumont sur le brutalisme de Le Corbusier, à l'occasion d'une exposition sur ce thème à Marseille.

Archiscopie, n° 126, décembre 2013


dimanche 1 décembre 2013

Premières impressions de l'exposition "1925, quand l'Art déco séduit le monde"

La grande exposition patrimoniale d'hiver de la Cité de l'architecture a commencé le 16 octobre 2013 et s'achèvera le 17 février 2014. Elle est consacrée à l'Art déco. Pourquoi l'Art déco ? On n'en saura rien, puisque l'exposition commence par une comparaison entre Art nouveau et Art déco, sans qu'on nous explique ni au début ni à aucun moment de l'exposition ce qui a conduit la Cité de l'architecture à se pencher sur cette période... Les intentions ne sont pas plus explicites à la fin de l'exposition, qui se termine sans bilan, aussi brutalement qu'elle avait commencé. Il faut donc accepter, en entrant dans l'exposition une apparente neutralité de point de vue qui fait de l'Art déco une belle page arrachée à l'histoire de l'art français, sans grand rapport d'ailleurs avec ce qui s'est passé avant ou avec ce qui a suivi, ni d'ailleurs, avec ce qui se passait ailleurs à la même époque.
La Première Guerre mondiale n'est évoquée que très rapidement, le contexte socio-politique de l'entre-deux guerres n'est que vaguement esquissé et les impasses esthétiques auxquelles l'Art déco a pu aboutir ne sont pas mentionnées (ce qui aurait pourtant été très facile à faire, l'exposition se déroulant dans le Palais de Chaillot...). L'Art déco dans les colonies est bien mis en valeur : on se rend compte, dans la dernière partie de l'exposition, des opportunités que fournissaient aux architectes le Maroc ou l'Indochine par exemple. Mais l'étranger n'est par ailleurs mentionné que dans la mesure où les artistes français s'y sont illustrés, ce qui réduit pratiquement le champ d'investigation aux Amériques, au Japon et aux Balkans... Quant au reste de l'Europe et à tous les courants contemporains et souvent rivaux de l'Art déco, ils sont à peine cités : Le Corbusier n'apparaît qu'une fois, sous le nom de Jeanneret. L'importance accordée à l'exposition de 1925 et à son retentissement apparaît démesurée puisqu'un bon tiers des salles lui est consacré. Ces salles sont censées illustrer le fait, posé dès le début comme une originalité, que les artistes Art déco travaillaient en équipe à une sorte de synthèse des arts, sous la houlette des architectes... Mais cela ne convainc pas vraiment car le travail équipe n'est bien sûr pas propre à l'Art déco (qu'on pense à l'Art nouveau nancéien ou au Bauhaus entre autres exemples proches de l'Art déco).
Malgré tous ces problèmes, l'exposition n'est pas sans intérêt, car elle présente des œuvres rares. Mais elle parvient imparfaitement à les confronter. C'est probablement dû à l'espace assez ingrat que constitue l'enfilade de salles des sous-sols de la Cité de l'architecture. Mais c'est aussi lié à une scénographie redondante reconstituant inutilement des stands Art déco en carton-pâte, comme on avait déjà pu voir l'année dernière de fausses façades du dix-huitième siècle pour l'exposition sur les hôtels particuliers : tant qu'à privilégier des scénographies "ludiques", on préférerait celles si bien mises en œuvre dans l'autre aile du Palais de Chaillot, au musée de la Marine, où de récentes expositions sur les paquebots ou sur les phares sont apparues bien plus réussies. Par ailleurs, les textes introduisant chaque salle sont un peu banals et les cartels sont illisibles : les cartels des bustes d'architectes de la première salle, incompréhensiblement situés à 60 ou 70 cm du sol sont rédigés en police de taille 12 (11 pour les anglophones)... L'ensemble des cartels de l'exposition n'est pas placé au plus près des œuvres mais regroupé sur de petits panneaux qui provoquent immanquablement l'agglutinement des visiteurs, et ces cartels sont d'autant plus illisibles que l'exposition connaît apparemment un grand succès, les salles étant bondées le week-end... A défaut de satisfaire complètement l'amateur éclairé, l'exposition semble, en effet, ravir le grand public. 






samedi 23 novembre 2013

Vie et œuvre de Walter Gropius

France Culture a récemment consacré une heure à Walter Gropius (1883-1969) dans le cadre de l'émission Une vie, une œuvre. Le documentaire est un peu évasif et s'égare parfois loin de son sujet, mais l'ensemble n'est pas inintéressant : 


lundi 11 novembre 2013

Soufflot au Panthéon

Le Panthéon présente jusqu'au 26 novembre 2013 une exposition consacrée à Jacques-Germain Soufflot, né en 1713 en Bourgogne et mort en 1780 à Paris. L'exposition fait naturellement la part belle à la construction de l'église Sainte-Geneviève, projet du milieu des années 1750 encouragé par Louis XV dans le but de rénover l'architecture religieuse mais qui suscita de nombreuses polémiques, dont le chantier connut bien des vicissitudes et qui, une fois construit, dut changer plusieurs fois d'affectation. Mais, cette exposition ne se réduit pas à une monographie du chef-d’œuvre contesté de Soufflot, elle propose une véritable rétrospective de la carrière de l'architecte : la première salle met bien en valeur le rôle clé de son long séjour en Italie au milieu des années 1730 et d'un second voyage en Italie au début des années 1750 et elle insiste sur l'importance de la première partie de sa vie professionnelle qui s'est presque entièrement déroulée à Lyon. On découvre aussi, au fil des salles, son intérêt pour l'architecture gothique, ses relations avec Marigny, frère de la Pompadour et directeur des Bâtiments du roi, ainsi que ses rapports, de collaboration ou de rivalité, avec la plupart des grands architectes français de l'époque (Contant d'Ivry, Rondelet, Blondel, de Wailly...). Une exposition classique, donc, au bon sens du terme...  

http://www.monuments-nationaux.fr/fr/actualites/a-la-une/bdd/actu/1298/soufflot-un-architecte-dans-la-lumiere/

Coupole du Panthéon

samedi 9 novembre 2013

Exposition Le Nôtre au château de Versailles

Le château de Versailles présente jusqu'au 23 février 2014 une exposition intitulée André Le Nôtre en perspective. 1613-2013. Il s'agit de célébrer le quatrième centenaire de la naissance du créateur des jardins de Versailles en remettant donc en perspective l'ensemble de son œuvre. Le parti est simple : après une introduction consacrée à la collection de peinture de Le Nôtre, on suit un parcours globalement thématique mais qui permet quand même de retracer la chronologie de sa très longue carrière. On le découvre ainsi jeune apprenti chez Simon Vouet, au service des grands de la cour dès le règne de Louis XIII, concepteur de parcs et de jardins à travers toute la France et rayonnant même sur une grande partie de l'Europe grâce à une véritable agence, essentiellement familiale. On perçoit aussi, en fin d'exposition, l'importance de l'héritage qu'il a laissé à ses collaborateurs et l'influence qu'il a exercée à long terme, jusqu'au vingtième siècle. Entre-temps, on est passé par une grande salle expliquant de manière assez peu convaincante que Le Nôtre recourait à l'anamorphose pour réaliser des "collimations" ; il aurait, en effet, joué des déformations optiques pour donner du relief aux profondes perspectives dégagées dans les parcs qu'il concevait, un peu comme les peintres usant des raccourcis pour donner de la profondeur à leurs tableaux... L'ensemble n'a rien de révolutionnaire mais mérite incontestablement le détour, notamment pour les magnifiques vues à vol d'oiseau des années 1680-1730 montrant les innombrables châteaux d'Île-de-France dont Le Nôtre a conçu les parcs. 

http://www.chateauversailles.fr/les-actualites-du-domaine/evenements/evenements/expositions/andre-le-notre-en-perspectives

Orangerie du château de Versailles

vendredi 8 novembre 2013

"Archiscopie" de novembre 2013

Le numéro de novembre d'Archiscopie vient de paraître. Au sommaire, plusieurs articles sur des transformations d'édifices existants : l'extension du théâtre de Liège, la modernisation du stade Léo Lagrange de Toulon, la reconversion de la halle Pajol de Paris, l'impressionnante restauration du Neues Museum de Berlin par David Chipperfield et l'extension bien moins ambitieuse de l'école d'architecture de Strasbourg par Marc Mimram.  L'éditorial de Gwenaël Querrien annonce d'ailleurs une prochaine exposition, à la Cité de l'architecture, sur le thème "Un bâtiment, plusieurs vies". Signalons enfin, dans le domaine patrimonial, un article d'Hubert Lempereur sur le regain d'intérêt pour l'histoire des cités-jardins.

Archiscopie, n° 125, novembre 2013 

dimanche 3 novembre 2013

Criticat 12

Le douzième numéro de la revue Criticat vient de sortir. Le dossier spécial de ce numéro est intitulé "Quand l'architecture expose et s'expose" ; Dominique Lyon y livre une critique radicale du bâtiment du Louvre-Lens ; Valéry Didelon et Françoise Fromonot déplorent le fait que les FRAC ont peu à peu perdu de vue leur mission initiale pour s'installer dans des bâtiments qui tendent à mobiliser tout leur budget ; quant à Pierre Chabard, il établit, à travers une revue de presse éclectique, le succès puis l'irrémédiable déclin, pour des raisons essentiellement financières, du projet de Centre Pompidou mobile. Au sommaire de ce numéro, on trouve par ailleurs un article de Patrick Henry sur la représentation de la ville du Havre au cinéma, avant et après la reconnaissance officielle de son architecture moderne ; un historique, par Tony Côme, de la marchandisation de l'œuvre graphique des architectes depuis la fin des années 1970 ; un article de Joseph Cho sur le verre dans l'œuvre de Renzo Piano ; un long article d’Émilien Robin sur l'imposture que constituent selon lui, en France, les projets de densification des zones pavillonnaires par lotissements des espaces interstitiels entre les constructions déjà existantes ainsi que  la traduction d'un texte de Robert Fishman sur le village de Clapham, dans la banlieue de Londres qui préfigure à certains égards, dès le début du dix-neuvième siècle, les premières cités-jardins. Ajoutons un petit article sur le dessin d'architecture à l'ère numérique (Mehdi Zannad) et une évocation des zones restées en marge des plans d'aménagement du Grand Lyon (Stéphanie Sonnette) et on aura fait le tour de ce sommaire, comme d'habitude copieux et varié. 

http://www.criticat.fr/site/sommaire12.html