Il était naturellement impossible de faire le tour de l'histoire du château de Versailles en une demie-heure... L'émission Le Génie des lieux a intelligemment contourné la difficulté en se focalisant surtout sur "l'art d'éblouir" depuis toujours déployé sur le site et en ses murs, art qui persiste en pleine époque du tourisme de masse.
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lundi 25 septembre 2017
L'art d'éblouir au château de Versailles
mardi 8 août 2017
La Seine en photos
On peut voir jusqu'au 30 novembre 2017,
au domaine de Madame Élisabeth, à Versailles, une exposition de 35
photos de la Seine, prises dans les départements des Hauts-de-Seine et
des Yvelines. Cette exposition a été organisée "en étroite
collaboration" par les deux départements, dans le but de montrer que la
Seine est un atout exceptionnel : lieu d'habitation (les péniches), site
de villégiature et de loisirs (notamment les îles non habitables),
plateforme logistique (le port de Gennevilliers), la vallée de la Seine
est très densément peuplée et aussi chargée d'histoire. La Seine sert par
ailleurs de "trait d'union" entre le département des Yvelines et celui des
Hauts-de-Seine, constituant entre eux un "capital commun" s'ajoutant à
"nos complémentarités" selon un éditorial du président du conseil
départemental des Yvelines Pierre Bédier (éditorial accompagnant les
photos et lisible en cliquant sur le lien ci-dessous qui renvoie au
dossier de presse de la manifestation). On sent bien que si les
départements d'Île-de-France n'avaient pas été créés de toute pièce en
1964-1968, en fonction de critères politiques autant que géographiques ou historiques, les concepteurs de l'exposition n'auraient pas hésité à
évoquer un lien immémorial entre les Yvelines et les Hauts-de-Seine. En
fait, dans le cadre des redécoupages administratifs qui touchent
l'ensemble du pays après avoir commencé en Île-de-France avec le projet
du Grand Paris (fusion de communes, division par deux du nombre de cantons, intercommunalités
obligatoires, diminution du nombre de régions, etc.), les deux
départements se sont engagés dans une fusion à marche forcée, certes
unis par la Seine mais surtout par une sociologie assez comparable : en
2015, les Hauts-de-Seine et les Yvelines se classaient en deuxième et
troisième position (derrière Paris) au palmarès des départements les
plus riches (en terme de revenus déclarés par foyer à l'administration
fiscale), alors que la Seine-Saint-Denis est classée
quatre-vingt-douzième sur 101 départements... Seine-Saint-Denis avec laquelle la Seine
pourrait constituer un "trait d'union" tout aussi pertinent pour les
Hauts-de-Seine, comme d'ailleurs avec n'importe lequel des sept autres
départements d'Île-de-France que la Seine traverse tous plus ou moins.
Même si le prétexte est donc loin d'être convaincant, on ne peut que recommander cette exposition, qui fournira l'occasion à ceux qui ne le connaissent pas de visiter le parc du domaine de Madame Élisabeth, "notre beau parc du Domaine" comme l'écrit Pierre Bédier, où Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI, "vécut des journées heureuses" avant que la Révolution mette "fin à son bonheur" (cf. le dossier de presse ci-dessous). On pourra aussi en profiter pour lire ou relire à l'ombre des grands arbres du parc le dernier livre d'Aurélien Bellanger, justement intitulé Le Grand Paris, dans lequel l'auteur imagine une fusion-absorption des Hauts-de-Seine par la Seine-Saint-Denis...
http://www.epi78-92.fr/fileadmin/user_upload/Presse/DP_expo_Seine7892.pdf
http://www.journaldunet.com/economie/impots/classement/departements/revenu-fiscal
http://histoiredelarchitecture.blogspot.fr/2017/01/le-grand-paris-daurelien-bellanger.html
lundi 26 septembre 2016
"Architecture. Passions" : Jean-Michel Wilmotte et associés à l'espace Richaud de Versailles
On pourra voir jusqu'au 27 novembre, à l'espace Richaud de Versailles, une rétrospective de l’œuvre de Jean-Michel Wilmotte (né en 1948) et de son agence. Le début de l'exposition laisse craindre une démarche trop hagiographique pour être vraiment intéressante. La suite s'avère cependant convaincante. L'exposition est en effet très bien conçue : dans un premier temps, on nous présente les principales données concernant l'agence et le travail de la fondation Wilmotte pour les jeunes architectes ; ensuite, on rentre dans le cœur du sujet avec une salle présentant des maquettes de concours auxquels Wilmotte a récemment participé ainsi que des diaporamas très bien conçus sur le travail de l'agence dans le domaine de l'urbanisme, de l'architecture et du mobilier. A l'étage et dans le sous-sol de l'espace Richaud, c'est le travail de Wilmotte pour l'aménagement de chais viticoles, pour le musée royal d'Amsterdam ou pour la nouvelle cathédrale orthodoxe de Paris que l'on peut approcher de plus près. Présentée dans un lieu entièrement et brillamment rénové par l'architecte (la chapelle de l'ancien hôpital Richaud), cette ode à son travail fonctionne, malgré l'absence de recul critique parfois un peu gênante. Cette excellente opération de communication est aussi une bonne exposition d'architecture.

samedi 31 octobre 2015
"Isola Nova" de Philippe Calandre à Versailles
On peut voir à Versailles, jusqu'au 8 novembre 2015, une exposition d'une vingtaine de photographies grand format de Philippe Calandre (né en 1964). Intitulé Isola Nova, cet ensemble se compose de montages de différents types de bâtiments vénitiens, de palais médiévaux et d'églises Renaissance ou baroques couplés à des bâtiments industriels de la première partie du vingtième siècle. Isola Nova s'avère très sagement post-moderne combinant de manière assez répétitive l'influence des Becher et celle d'Aldo Rossi. Mais, visiter cette exposition permet aussi de voir comment a été aménagé l'espace Richaud dans l'ancien hôpital royal de Versailles dû à Charles-François Darnaudin (1741-1805) à partir de 1781.
http://www.versailles.fr/outils/actualites/article/isola-nova-une-venise-onirique-a-lespace-richaud/
samedi 29 novembre 2014
"Corps urbains : les villes de Didier Paquignon"
Le musée Lambinet de Versailles poursuit une politique désormais pluriannuelle d'expositions liées à l'appréhension de la ville par les artistes, notamment contemporains. C'est dans ce cadre qu'y sont présentées, jusqu'au 14 décembre 2014, une cinquantaine d’œuvres de Didier Paquignon (né en 1958), qui montrent des paysages urbains, en particulier des gares et des usines, dessinés ou peints par l'artiste au cours de ses voyages en France, mais aussi en Espagne, au Portugal ainsi qu'en Grèce et en Albanie. Cette petite exposition sobrement présentée n'en est pas moins intéressante, l'artiste jetant sur les paysages urbains contemporains un regard souvent original.
vendredi 25 avril 2014
Les hôtels de la Guerre et des Affaires étrangères de Versailles
La Fabrique de l'histoire a récemment diffusé une balade radiophonique en compagnie de l'historien du patrimoine Basile Baudez et de la conservatrice des bibliothèques de Versailles Sophie Danis. Le but de cette visite très évocatrice : les hôtels de la Guerre et des Affaires étrangères. Construits quelques décennies avant la Révolution à proximité du château de Versailles, ces édifices furent les tout premiers conçus spécifiquement, en France, pour abriter les bureaux de ministères.
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-ministre-et-ministere-13-2014-01-13
dimanche 9 mars 2014
Pierre-Antoine de Machy, le témoin méconnu au musée Lambinet de Versailles
Le musée Lambinet de Versailles présente jusqu'au 18 mai 2014 une exposition d'une cinquantaine d’œuvres du peintre Pierre-Antoine de Machy, né à Paris en 1723 et mort dans cette même ville en 1807, après y avoir passé quasiment toute sa vie. Elève de Servandoni, contemporain de Piranèse et d'Hubert Robert, académicien dès l'âge de 35 ans, exposant régulièrement au Salon, de Machy a peint de nombreuses ruines et des caprices architecturaux, mais il a surtout livré, pendant une cinquantaine d'années, des vues plus ou moins fidèles des principaux monuments de Paris : la colonnade du Louvre, la place Louis XV (place de la Concorde), la place Vendôme, le jardin des Tuileries, etc. Il a aussi peint et plus encore dessiné certains faits marquants de son époque : érections de statues, incendies, ainsi que quelques scènes révolutionnaires. Il a attaché beaucoup d'intérêt aux destructions de monuments pendant la période révolutionnaire aussi bien qu'à la fin de l'Ancien Régime. Sa carrière commencée sous Louis XV et achevée sous l'Empire ignore assez largement les événements politiques, mais parvient bien à rendre la vie du petit peuple de Paris, en particulier sur les quais de la Seine, notamment par les gouaches ou les dessins à la plume beaucoup plus vivants que les peintures à l'huile.
http://fr.calameo.com/read/0012965777092af45d5bb
| P.-A. de Machy, Temple en ruines |
jeudi 13 février 2014
André Le Nôtre
Récemment diffusée sur France Culture dans l'émission Une Vie, une œuvre, une évocation de la vie d'André Le Nôtre, à écouter pour accompagner l'exposition actuellement présentée au château de Versailles :
| Carlo Maratta, André Le Nôtre, château de Versailles. |
samedi 9 novembre 2013
Exposition Le Nôtre au château de Versailles
Le château de Versailles présente jusqu'au 23 février 2014 une exposition intitulée André Le Nôtre en perspective. 1613-2013. Il s'agit de célébrer le quatrième centenaire de la naissance du créateur des jardins de Versailles en remettant donc en perspective l'ensemble de son œuvre. Le parti est simple : après une introduction consacrée à la collection de peinture de Le Nôtre, on suit un parcours globalement thématique mais qui permet quand même de retracer la chronologie de sa très longue carrière. On le découvre ainsi jeune apprenti chez Simon Vouet, au service des grands de la cour dès le règne de Louis XIII, concepteur de parcs et de jardins à travers toute la France et rayonnant même sur une grande partie de l'Europe grâce à une véritable agence, essentiellement familiale. On perçoit aussi, en fin d'exposition, l'importance de l'héritage qu'il a laissé à ses collaborateurs et l'influence qu'il a exercée à long terme, jusqu'au vingtième siècle. Entre-temps, on est passé par une grande salle expliquant de manière assez peu convaincante que Le Nôtre recourait à l'anamorphose pour réaliser des "collimations" ; il aurait, en effet, joué des déformations optiques pour donner du relief aux profondes perspectives dégagées dans les parcs qu'il concevait, un peu comme les peintres usant des raccourcis pour donner de la profondeur à leurs tableaux... L'ensemble n'a rien de révolutionnaire mais mérite incontestablement le détour, notamment pour les magnifiques vues à vol d'oiseau des années 1680-1730 montrant les innombrables châteaux d'Île-de-France dont Le Nôtre a conçu les parcs.
| Orangerie du château de Versailles |
dimanche 10 mars 2013
Versailles et l'Antique
Le château de Versailles présente, jusqu'au 17 mars 2013, une exposition sur Versailles et l'Antique. Il s'agit d'une exposition de vulgarisation, d'une conception thématique très simple et globalement moins convaincante que l'exposition de 2011 sur la science à Versailles. Cette manifestation permet cependant de constater l'ampleur de l'influence antique dans tous les domaines de l'aménagement du château : les références antiques sont aussi présentes en peinture et en sculpture que dans le mobilier. Concernant l'architecture, on peut signaler la présentation de plusieurs projets, conçus pendant les années 1770-1785 pour reconstruire le château, par Ange-Jacques Gabriel, Etienne-Louis Boulée ou Jean-François Heurtier.
dimanche 25 mars 2012
Hyperversailles
Le musée Lambinet est consacré à la vie à Versailles au XVIIIe siècle. Il présente jusqu'au 22 avril 2012 une exposition de photographies de Jean-François Rauzier intitulée Hyperversailles. On peut y voir une vingtaine de photographies en très grand format (2 x 3,50 m environ), pour une moitié prises à Versailles, pour l'autre moitié prise en Russie, aux Etats-Unis, en Italie ou dans les pays du Golfe. Dans tous les cas, ces photographies sont très travaillées : elles montrent des constructions architecturales ou des panoramas urbains utopiques, fondés sur une recomposition et une répétition à l'infini de détails ou de vues d'ensembles qui donnent l'impression d'avoir à faire à des axonométries déformées ou à des trompes-l'œil géants. On est cependant loin de l'hyperréalisme d'Andreas Gursky : les photographies de J.-F. Rauzier jouent délibérément avec les références historiques. Ainsi, la galerie des Glaces submergée ressemble à un décor de carnaval vénitien, la façade arrière du château est démultipliée et superposée pour évoquer une casbah orientale, le potager du roi est peuplé des créatures des fables de La Fontaine et l'escalier de l'hôtel de ville de Versailles apparaît comme une véritable jungle... L'exposition est intéressante dans la mesure où elle permet de revoir sous un jour différent des monuments classiques.
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