vendredi 3 novembre 2017

"Relever l'héritage I. Vénération monumentale ou nouvelles cohésions collectives ?"

Paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, estampe, vers 1645.

La douzième cycle de cours publics de l'école de Chaillot a commencé le jeudi 2 novembre. Cette session de douze cours qui s'annonce passionnante est cette année consacrée au thème "Relever l'héritage après les ruptures de l'histoire", ce qui complète assez bien l'exposition en trois volets des années 2014-2015 à la Cité de l'architecture "Un bâtiment, combien de vies ?".

Ci-dessous un lien vers le site de la Cité de l'architecture et vers la brochure présentant l'ensemble des douze cours (pour l'ensemble desquels on peut apparemment toujours s'inscrire) :

https://www.citedelarchitecture.fr/fr/cycles/cours-public-dhistoire-actualite-de-larchitecture

https://www.citedelarchitecture.fr/sites/default/files/documents/2017-10/bochure_programme_cp_2017-2018_0.pdf

Le premier cours était donné par Fabienne Chevallier. Il a pris la forme d'une très roborative présentation des monuments historiques comme objets de vénération et instruments de cohésion sociale. Après une brève introduction théorique sur ces deux notions, F. Chevallier a présenté les sept études de cas suivantes : 

1. L'Hôtel-Dieu de Paris, victime de nombreux incendies mais inlassablement reconstruit sur place et selon des plans semblables pendant le dix-huitième et le dix-neuvième siècles, en raison d'une "continuité paresseuse" et à cause de la notion de charité chrétienne associée à la proximité de Notre-Dame. 
2. Le développement volontariste d'une nouvelle capitale pour le grand-duché de Finlande passé de la tutelle suédoise à celle de l'empire russe en 1809, ce qui s'est traduit par la construction à Helsinki d'édifices néoclassiques sobrement décorés et de nos jours considérés comme des monuments de l'identité finlandaise. 
3. La tour Saint-Jacques et l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, réinventées comme monuments médiévaux au milieu du dix-neuvième siècle, en pleine période néogothique. 
4. La cathédrale du Sang versé construite à Saint-Pétersbourg à partir de 1883 en hommage au Tsar Alexandre II.et en hommage, aussi, à l'architecture traditionnelle du Moyen Âge russe, en rupture avec le style néoclassique promu à Helsinki au début du siècle. 
5. La reconstruction d'Arras après la Première Guerre mondiale, entamée avec beaucoup d'intelligence selon F. Chevallier par l'architecte Pierre Paquet et poursuivie, jusque dans les années 1970-1990 par Pierre Rousse. 
6. La reconstruction du Havre sous la direction d'Auguste Perret après la Deuxième Guerre mondiale, beaucoup plus problématique quoique non dénuée de qualités selon F. Chevallier. 
7. Enfin, la réutilisation après la chute du Rideau de fer, par un parlement démocratique, de l'immense palais éclectique construit à Bucarest pendant la dictature de Ceausescu. 

https://www.citedelarchitecture.fr/fr/evenement/relever-lheritage-veneration-monumentale-ou-nouvelles-cohesions-collectives

mardi 24 octobre 2017

Gottfried Salzmann à la Galerie Arcturus

"De l'hélico" II, 2017, aquarelle sur papier, 73 x 54 cm.

On peut voir à la Galerie Arcturus, à Paris, des œuvres de l'Autrichien Gottfried Salzamann, né en 1943. L'essentiel de son travail est consacré à des ensembles d'architecture ou à des paysages urbains, montrés sous des angles inhabituels et souvent inspirés de photographies retravaillées. 

"La Cathédrale", 2014, aquarelle sur papier, 50 x 75 cm.

mardi 17 octobre 2017

Anne et Patrick Poirier à la Maison européenne de la photo

Anne et Patrick Poirier, "Roma, memoria mundi", 1988. 
La Maison de la photo présente jusqu'au 29 octobre une rétrospective de cinquante ans de travail d'Anne et Patrick Poirier. Ces deux artistes constituent depuis un demi-siècle un couple et un binôme créatif. Ils se sont beaucoup intéressés à l'architecture et à l'archéologie, retouchant des images de ruines et allant même jusqu'à inventer des sites archéologiques. On leur doit même quelques faux rapports de fouilles. Tout leur travail témoigne d'un intérêt constant pour la relation entre histoire et mémoire, notamment à travers les monuments.

Anne et Patrick Poirier, "Ostia antica", 1970.

On peut aussi voir à la MEP des photographies du Chinois Liu Bolin qui, pour sa part, se fond comme un caméléon dans les paysages, surtout urbains, de la Chine contemporaine. 

Liu Bolin, "Hide in the city", 2006. 

lundi 9 octobre 2017

Histoire urbaine de la Gaule

Vue du site de Bibracte.
A écouter en cliquant sur le lien ci-dessous, une émission sur Bibracte, site d'une des premières agglomérations du nord de la France, à découvrir en compagnie des archéologues actuellement chargés des fouilles : 

https://www.franceculture.fr/emissions/carbone-14-le-magazine-de-larcheologie/lhistoire-sest-arretee-bibracte

mercredi 4 octobre 2017

La bibliothèque de Caen par Rem Koolhaas

Rem Koolhaas, Bibliothèque Alexis de Tocqueville, Caen.
A découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous, une demie-heure d'émission consacrée à la bibliothèque de Caen, construite sur des plans de Rem Koolhaas (né en 1944, Prix Pritzker en 2000) et inaugurée en 2017. Réalisée sans le concours de l'architecte néerlandais, l'émission tourne surtout autour du programme et des usages d'une bibliothèque à l'ère du numérique. 

https://www.franceculture.fr/emissions/le-genie-des-lieux/larchitecte-la-bibliotheque-et-le-21eme-siecle-rem-koolhaas-caen

mardi 3 octobre 2017

Une villa romaine en Bretagne

Vestiges des thermes de la villa de Langrolay-sur-Rance.
Des archéologues travaillant en Bretagne ont récemment retrouvé, sur les bords de la Rance, les vestiges d'une très grande villa gallo-romaine. Cette villa est à découvrir, en compagnie des archéologues qui l'ont mise à jour, en cliquant sur le lien ci-dessous renvoyant à une émission qui évoque en particulier le décor des thermes de la villa. 

https://www.franceculture.fr/emissions/carbone-14-le-magazine-de-larcheologie/villegiature-dexception-langrolay-sur-rance


lundi 2 octobre 2017

La Cité-jardin de Suresnes

Plan schématique de la Cité-jardin initialement prévue.
Le musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes organise régulièrement des visites de la cité-jardin de la ville.

http://webmuseo.com/ws/musee-suresnes/app/report/index.html

Presque enclavée dans le territoire des communes voisines de Saint-Cloud et Rueil-Malmaison, cette cité a été voulue par Henri Sellier (1883-1943), maire de Suresnes de 1919 à 1941 et grand promoteur des Habitations bon marché. La construction a commencé en 1921 et s'est achevée pendant les années 1950. L'urbanisme et l'architecture de cet ensemble s'avèrent très intéressants, même s'ils ont été profondément dénaturés par différentes évolutions telles que l'équipement des habitants en automobiles qui a conduit à installer partout des parkings. 

Une des rues de la Cité-jardin en 2017.
Assez disparate en raison de l'étendue de sa construction sur une longue période, la Cité a par ailleurs longtemps pâtit d'un sous-investissement dans l'entretien, chronique dans le logement social en France. L'ensemble conçu par Sellier ne présente donc pas de nos jours, et n'a d'ailleurs jamais vraiment présenté, la belle unité prévue dans le projet originel. Mais la visite de ce site mérite cependant le détour. Elle s'accompagne de celle d'un appartement-témoin, reconstitué dans le goût des années 1930 par l'équipe du du musée de Suresnes et visible depuis 2016.

Place de la Société des Nations, Cité-jardin de Suresnes, probablement vers 1930.